À chaque réforme des retraites, la même question ressurgit : faut-il rester sur un système basé uniquement sur la répartition, ou ouvrir davantage la porte à la capitalisation ? Un collectif d’économistes et d’entrepreneurs estime qu’il est temps de combiner les deux modèles, en citant en exemple la caisse complémentaire des pharmaciens.
Le système par répartition à bout de souffle ?
Le principe actuel repose sur une solidarité intergénérationnelle : les cotisations des actifs financent directement les pensions des retraités. Mais selon plusieurs experts, ce modèle atteint ses limites. Le Conseil d’orientation des retraites (COR) prévoit qu’en 2070, le pouvoir d’achat des retraités pourrait revenir au niveau des années 1980, avec une baisse estimée de 20 % par rapport au reste de la population.
Pour le collectif, cette évolution résulte d’une démographie fragile et d’un financement trop exclusivement basé sur la répartition. « Limiter le système obligatoire à ce seul mode de gestion revient à paupériser les futurs retraités du privé », soulignent-ils.
La capitalisation collective comme complément
Contrairement à une épargne individuelle, la capitalisation collective permet de mutualiser les risques et d’investir sur le long terme. Certaines professions ont déjà adopté ce principe. Les fonctionnaires, depuis 2005, bénéficient de la Retraite Additionnelle de la Fonction Publique (RAFP). De leur côté, les pharmaciens disposent, via la CAVP (Caisse d’Assurance Vieillesse des Pharmaciens), d’une partie de leur retraite complémentaire gérée en capitalisation.
Ces exemples montrent que ce système peut coexister avec la répartition et offrir un meilleur rendement à long terme.
Une piste pour l’ensemble des salariés
Les signataires de la tribune proposent de s’appuyer sur les partenaires sociaux qui cogèrent déjà l’Agirc-Arrco, la caisse de retraite complémentaire du privé. Selon eux, cette instance aurait la légitimité nécessaire pour créer un dispositif de capitalisation équivalent à la RAFP, mais cette fois ouvert à l’ensemble des salariés.
Un double bénéfice attendu
Au-delà du maintien du pouvoir d’achat des retraités, les économistes estiment qu’une telle mesure soutiendrait également la croissance. Les fonds collectés pourraient être investis dans les entreprises et les projets d’avenir, renforçant ainsi le tissu économique national.
Sans remettre en cause la répartition, les experts invitent à s’inspirer du modèle des pharmaciens pour imaginer une retraite plus équilibrée, plus sécurisée et mieux adaptée aux défis démographiques et économiques des prochaines décennies.

Anne Chaviron est une rédactrice web passionnée, spécialisée dans les thématiques liées à l’entrepreneuriat, aux parcours métiers et au monde de l’entreprise. Collaborant avec le site JCE Grand Est. Grâce à une plume à la fois accessible et rigoureuse, Anne valorise les histoires humaines derrière les projets entrepreneuriaux. Sa mission : informer, inspirer et faire rayonner l’esprit entrepreneurial.







