Infirmer libéral : un métier qui a le vent en poupe

Pourquoi l’exercice libéral pourrait transformer le métier d’infirmier d’ici 2050

Face au vieillissement de la population et à l’évolution des attentes en matière de soins, le métier d’infirmier est à la croisée des chemins. D’après les dernières projections de la DREES, si la profession continue d’évoluer au rythme actuel, c’est l’exercice libéral qui pourrait devenir l’un des moteurs clés de la transformation du métier d’ici à 2050.

Une hausse des effectifs… mais pas assez rapide

Entre 2013 et 2021, le nombre d’infirmiers a progressé de 8 %, atteignant 600 000 professionnels en activité. Cette croissance s’est surtout faite sentir du côté des infirmiers libéraux, dont les effectifs ont bondi de 29 %, contre seulement 7 % dans le salariat.

Et la dynamique devrait se poursuivre. Si les politiques de formation restent constantes, la France pourrait compter 821 000 infirmiers en 2050, soit une hausse de 37 % par rapport à aujourd’hui. Mais ce chiffre, en apparence rassurant, ne suffirait pas à répondre à la hausse des besoins en soins, notamment du fait du vieillissement de la population.

L’exercice libéral en forte expansion

Actuellement, 16 % des infirmiers exercent en libéral. En 2050, cette part pourrait grimper à 21 %, avec près de 173 000 IDEL (infirmiers diplômés d’État libéraux) en activité, contre 99 000 en 2021. En parallèle, la part des soignants hospitaliers diminuerait légèrement, en raison d’une désertion progressive de l’hôpital public, déjà observée depuis les années 90.

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Aujourd’hui, seulement la moitié des infirmiers hospitaliers restent à l’hôpital dix ans après le début de leur carrière. L’usure professionnelle, les conditions de travail et le manque de reconnaissance figurent parmi les causes les plus fréquemment évoquées.

Une demande en soins qui explose

Si la population vieillit, elle consomme surtout davantage de soins. Les personnes de 60 ans et plus représentent 84 % de la consommation de soins infirmiers, alors qu’elles ne forment encore que 27 % de la population. En 2050, leur part grimpera à 33 %, avec un âge moyen national estimé à 45 ans.

Conséquence directe : les besoins en soins devraient bondir de 50 % entre 2021 et 2050. Or, si le nombre d’infirmiers n’augmente “que” de 37 %, la densité standardisée (nombre d’infirmiers rapporté à la structure d’âge de la population) chuterait de 9 %.

Former davantage… et retenir les vocations

Pour faire face à cette montée en charge, plusieurs leviers sont identifiés :

  • Former plus d’infirmiers : il faudrait passer de 29 000 à 31 900 diplômés par an pour atteindre +47 % d’effectifs. Mieux encore : viser 32 900 pour atteindre le seuil des +50 %, soit près de 901 000 professionnels en 2050.
  • Renforcer l’attractivité de la formation, afin de maintenir le nombre d’élèves et éviter les abandons.
  • Travailler sur la fidélisation des soignants, en agissant sur les conditions d’exercice, le temps de travail et la reconnaissance.

Des compétences élargies, mais des effets ambivalents

La profession infirmière pourrait aussi évoluer en élargissant ses compétences. Les infirmiers pourraient être amenés à assumer de nouveaux actes médicaux, ce qui améliorerait la prise en charge globale des patients. Mais attention : cette montée en compétences, si elle n’est pas accompagnée d’un renfort d’effectifs, pourrait réduire le temps disponible pour les soins courants, mettant à mal la disponibilité sur le terrain.

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À l’horizon 2050, le visage du métier d’infirmier sera forcément différent. L’essor de l’exercice libéral, la transformation démographique, et les nouvelles attentes en santé bousculent déjà les équilibres. Si la formation et l’attractivité suivent, alors la profession pourra non seulement absorber la demande croissante, mais aussi redéfinir son rôle central dans l’offre de soins de demain.

Anne Chaviron est une rédactrice web passionnée, spécialisée dans les thématiques liées à l’entrepreneuriat, aux parcours métiers et au monde de l’entreprise. Collaborant avec le site JCE Grand Est. Grâce à une plume à la fois accessible et rigoureuse, Anne valorise les histoires humaines derrière les projets entrepreneuriaux. Sa mission : informer, inspirer et faire rayonner l’esprit entrepreneurial.

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