Le monde de l’IT continue de muter, et avec lui les courbes salariales. En 2025, certaines compétences deviennent de véritables pépites sur le marché, tandis que d’autres connaissent un coup d’arrêt. Le cloud computing et la cybersécurité confirment leur statut de valeurs sûres avec des progressions salariales impressionnantes.
Cybersécurité et infrastructures : les grands gagnants
Dans un climat économique plus mesuré qu’après la frénésie post-Covid, la progression globale des salaires dans l’informatique s’est stabilisée à +3 % cette année. Mais certaines professions critiques échappent à cette moyenne et s’offrent des hausses spectaculaires. En tête du classement : les DevSecOps, dont la rémunération a bondi de 13,9 %, suivis de près par les chefs de projets infrastructure (+12,9 %).
Les administrateurs Linux (+9,4 %) et les ingénieurs cloud (+8,7 %) complètent ce podium, avec des hausses qui témoignent d’une demande soutenue dans des domaines où la sécurité, la performance et la scalabilité sont devenues prioritaires pour les entreprises.
En chiffres : les DevSecOps et ingénieurs cybersécurité atteignent des salaires annuels bruts de 50 K€, tandis que les chefs de projet infra flirtent avec les 58,75 K€.

Data et intelligence artificielle : stabilité au sommet
Du côté de l’intelligence artificielle et de la data, les rémunérations restent élevées, avec des hausses plus mesurées. Le data engineer et l’ingénieur deep learning se situent autour de 47,5 K€, en légère progression.
Les data scientists et les experts en computer vision, bien qu’en très léger recul (−0,3 % et −0,5 %), conservent les meilleurs salaires du secteur data avec 50,5 K€ en moyenne. Preuve que la valeur de l’analyse et de la prédiction reste forte, mais que l’euphorie des premières années IA se stabilise.

Développement web : la tendance s’inverse
La surprise de cette édition 2025 vient de la baisse significative des rémunérations dans certains secteurs historiquement très dynamiques. Les développeurs .Net subissent une chute de 7,3 %, suivis par les profils fullstack (−3,6 %) et les chefs de projets techniques (−3,1 %). Les product managers et les développeurs back-end JS sont également en repli.
Ces évolutions traduisent une saturation du marché, notamment dans les grandes métropoles, où les compétences disponibles sont désormais plus nombreuses que les postes à pourvoir. Les entreprises deviennent plus sélectives et attendent davantage que de la simple expertise technique.

Les métiers du support marquent le pas
Sans surprise, les métiers de support informatique ferment la marche avec des salaires inchangés ou à peine revalorisés. Les ingénieurs support stagnent à 43,5 K€, les responsables postes de travail restent à 33,5 K€, tandis que les techniciens de support voient une timide hausse de 1,6 %, atteignant 29 K€.
Ces fonctions, souvent associées à des profils juniors ou à une forte concurrence, illustrent les limites de la croissance dans un secteur où l’offre dépasse la demande.

Vers un marché plus exigeant et sélectif
Pour Thomas Baverel, fondateur du cabinet Silkhom, l’effervescence des années précédentes laisse place à une phase de rationalisation. Le marché ne ralentit pas encore, mais il se transforme : les entreprises allongent leurs processus de recrutement, deviennent plus exigeantes et misent désormais sur des soft skills comme la capacité d’adaptation, la stabilité et l’alignement avec la culture d’entreprise.
En 2025, être compétent ne suffit plus : il faut aussi savoir convaincre et s’adapter à un monde IT devenu plus stratégique que jamais.

Anne Chaviron est une rédactrice web passionnée, spécialisée dans les thématiques liées à l’entrepreneuriat, aux parcours métiers et au monde de l’entreprise. Collaborant avec le site JCE Grand Est. Grâce à une plume à la fois accessible et rigoureuse, Anne valorise les histoires humaines derrière les projets entrepreneuriaux. Sa mission : informer, inspirer et faire rayonner l’esprit entrepreneurial.







