Que vous soyez tout juste lancé ou auto-entrepreneur depuis des années, 2025 ne manquera pas de vous secouer un peu. Nouvelles règles fiscales, modifications sociales, avantages révisés… Il va falloir garder un œil sur son agenda et ses déclarations.
TVA : un seuil en sursis
Ce fut le feuilleton de ce début d’année. Prévue pour mars, la baisse du seuil de franchise en base de TVA à 25 000 euros a finalement été suspendue… jusqu’en juin au moins. Si la mesure voit le jour, tous les auto-entrepreneurs, quels que soient leur activité ou leur régime (BIC, BNC), devront facturer la TVA dès ce seuil atteint.
Une révision pas anodine : aujourd’hui, vous êtes concerné par la TVA à partir de 37 500 euros (services) ou 85 000 euros (ventes). Autant dire qu’un passage à 25 000 euros changerait radicalement la donne. Pour certains, c’est une façon d’assainir le système. Pour d’autres, un coup dur à la simplicité du statut.
Services à la personne : plus de flexibilité
Bonne nouvelle si vous travaillez dans les services à la personne : vous pourrez cumuler votre activité avec une autre, tout en continuant à bénéficier d’un taux de TVA réduit à 10 % et des avantages liés au crédit d’impôt pour vos clients.
Une seule condition : vos revenus annexes ne doivent pas dépasser 30 % de votre chiffre d’affaires total. Il faudra donc une comptabilité séparée et rigoureuse, mais cela ouvre la voie à plus de liberté, surtout pour ceux qui jonglent entre plusieurs casquettes professionnelles.
La facturation électronique arrive (mais pas tout de suite)
La facturation électronique va devenir la norme. Si vous êtes une PME ou un micro-entrepreneur, vous êtes concerné… mais pas avant septembre 2027. Jusque-là, les grandes entreprises ouvriront le bal dès 2026. Une révolution qui permettra plus de traçabilité, mais qui nécessitera un minimum de mise à jour côté outils et habitudes.
Cotisations sociales : la hausse se poursuit
Depuis juillet 2024, peut-être avez-vous vu votre taux grimper lors de votre déclaration à l’Urssaf. Et ce n’est pas fini. Le taux passera à 24,6 % en 2025 (hors professions affiliées à la CIPAV), puis à 26,1 % en 2026.
Dit comme ça, cela peut faire grincer des dents. Mais il faut le voir comme un investissement. Ces cotisations supplémentaires sont fléchées vers votre retraite complémentaire. Concrètement, selon certaines estimations, cela pourrait représenter jusqu’à 75 euros de plus par mois une fois à la retraite. Ce n’est pas négligeable.
Mieux préparer sa retraite quand on est indépendant
Parlons-en justement, de cette retraite. Beaucoup d’auto-entrepreneurs reconnaissent y penser peu, voire pas du tout. Et pourtant, anticiper reste essentiel, d’autant que le statut d’indépendant reste moins protecteur que celui de salarié.
Vos cotisations, calculées sur votre chiffre d’affaires, alimentent à la fois la retraite de base et la complémentaire. Depuis la réforme, l’âge légal est désormais de 64 ans pour les personnes nées après 1968. Et pour espérer une retraite à taux plein, il faudra avoir cumulé suffisamment de trimestres.
L’Assurance retraite gère vos droits automatiquement, sans que vous ayez à faire de démarches spécifiques. Mais mieux vaut rester vigilant, bien suivre vos relevés, et pourquoi pas, commencer à envisager un complément individuel ou une épargne dédiée.
L’auto-entrepreneuriat reste un cadre attractif pour se lancer, tester une activité ou garder une indépendance. Mais en 2025, il devient un peu plus technique, un peu plus exigeant… et potentiellement plus protecteur à long terme. À chacun de s’informer et de s’adapter pour en tirer le meilleur.

Anne Chaviron est une rédactrice web passionnée, spécialisée dans les thématiques liées à l’entrepreneuriat, aux parcours métiers et au monde de l’entreprise. Collaborant avec le site JCE Grand Est. Grâce à une plume à la fois accessible et rigoureuse, Anne valorise les histoires humaines derrière les projets entrepreneuriaux. Sa mission : informer, inspirer et faire rayonner l’esprit entrepreneurial.







