Des centaines de milliers de retraités passent à côté de droits pourtant bien mérités. Un oubli qui pourrait coûter cher, alors qu’une simple démarche suffit à récupérer ce qui leur revient.
Une pension oubliée… mais pas perdue pour tout le monde
Imaginez : vous avez travaillé, cotisé, et au moment tant attendu de la retraite, vous oubliez… une pension. Non, ce n’est pas un scénario tiré d’un film absurde, mais la réalité pour près de 437 000 retraités. Une somme laissée en suspens, parfois sans même en avoir conscience. Et pourtant, derrière ces chiffres froids se cache une réalité bien plus humaine : celle de démarches complexes, de carrières morcelées, et d’informations qui ne circulent pas.
L’Ircantec : le grand oublié des retraites
Quand on parle de pension complémentaire, certains pensent immédiatement à l’Agirc-Arrco. Mais pour les agents contractuels de la fonction publique, c’est l’Ircantec qui entre en jeu. Un régime souvent ignoré, parfois mal compris, et qui finit par être oublié. D’après la Caisse des dépôts, un affilié sur trois ne réclame jamais sa pension. Pourquoi ? Parce que les montants semblent dérisoires (en moyenne 230 € par an pour certains), ou que la démarche semble trop lourde à gérer. Résultat : 437 000 pensions restent lettre morte.
Mais ce n’est pas tout : pour ceux qui prennent leur retraite aujourd’hui, le montant moyen grimpe à 810 € brut par an. Une somme qui, cumulée sur plusieurs années, peut représenter un vrai complément de revenu. Surtout dans un contexte où chaque euro compte.
Des profils à risque et des carrières éclatées
Le profil type de ces retraités oubliés ? Ceux qui ont cotisé peu de temps, souvent avant 30 ans, ou qui ont occupé des emplois précaires ou temporaires. Des personnes qui, après un passage éclair dans la fonction publique, ont changé de voie et… oublié de faire les comptes. Et pourtant, les droits restent acquis, bien au chaud, attendant d’être réclamés.
Ce phénomène touche aussi ceux dont la carrière a été hachée : contrats courts, temps partiels, missions ponctuelles. Autant de situations où il devient difficile de garder trace de chaque régime de retraite, surtout quand les démarches sont obscures et fastidieuses.
Heureusement, les lignes bougent (un peu)
Depuis 2019, une demande unique en ligne permet désormais d’accéder à toutes ses pensions, y compris l’Ircantec. Un vrai coup de pouce : pour les personnes nées en 1954, le taux de non-recours est tombé à 26,1 %, contre 46,8 % pour la génération de 1940. Preuve qu’avec un peu de simplification, on peut redonner accès à des droits dormants.
Mieux encore, entre 2022 et 2024, près de 70 000 courriers ont été envoyés aux personnes potentiellement concernées. Résultat ? Un quart d’entre elles ont finalement demandé leur pension. Une action ciblée qui montre que le manque d’information est souvent à l’origine de l’inaction.
Un enjeu de taille : réveiller les pensions en sommeil
Aujourd’hui encore, 1,15 million de pensions restent non réclamées à l’Ircantec. Un chiffre vertigineux. Pour y remédier, l’Union Retraite prévoit d’étendre sa campagne de sensibilisation à trois générations supplémentaires chaque année. Objectif : retrouver ces retraités « oubliés » et leur rendre ce qui leur est dû.
Moralité ? Un petit coup d’œil sur votre relevé de carrière peut parfois valoir de grosses surprises. Et si vous faisiez partie, vous aussi, de ces 437 000 personnes qui ont un petit trésor à débloquer ?

Anne Chaviron est une rédactrice web passionnée, spécialisée dans les thématiques liées à l’entrepreneuriat, aux parcours métiers et au monde de l’entreprise. Collaborant avec le site JCE Grand Est. Grâce à une plume à la fois accessible et rigoureuse, Anne valorise les histoires humaines derrière les projets entrepreneuriaux. Sa mission : informer, inspirer et faire rayonner l’esprit entrepreneurial.







